Duchesse l'envieuse & Dame de pique l'orgueilleuse
liaisons dangereuses à temps perdu

mardi 4 septembre 2012

Les pions de Duchesse

Le sujet 

Duchesse : Une aristochatte en pleine décadence qui tisse sa vie à temps perdu avec des mots en trop et une hypersensibilité de vieille petite fille. Évoluant dans la région de Québec, entre les concerts de l'OSQ, les études en littérature et les bars un peu crades de la vieille ville, elle ressent trop fort et trop mal, les mauvais sentiments aux mauvais moments, en puisant sa vie dans les pichets de bière et les histoires étirées de fin de soirée. 

Duchesse, c'est l'envieuse aux trop grands yeux qui boit trop, c'est la p'tite snobinette qui vous juge par vos connaissances musicales et vos goûts littéraires, mais qui se fait tout de même toujours avoir par un félin sauvage, trop imprévisible pour ses idées préconçues sur les relations amoureuses. Suis-moi, je te fuis ; fuis-moi, je te suis.  C'est l'histoire de son blog.


Duchesse, c'est l'excès, c'est le trop-plein : elle parle trop, aime trop, veut trop, et se contente de moins, sinon de rien, parce qu'elle a appris à ses dépends - et à ceux des autres chats errants - qu'exiger ce que l'on veut et se respecter un peu, ça fait fuir les garçons et venir la solitude. 


L'objet


Prince Schubert, dit le Chat Persan : L'amour de votre courte vie, le pacha gourmand et satisfait qui guette sa portée de petits et ses portées musicales quand il explique une oeuvre musicale quelconque à la tranche-d'or impressionnée de l'OSQ. Rencontré à quelque part dans un sous-sol on ne sait où, aimé rapidement pour toute l'énergie qui vous liait à lui pour des années sans trop savoir pourquoi. Le flirt s'étire pour rien, pour des beaux yeux un peu ridés par les années, pour la valorisation mutuelle que vous y trouvez tous les deux, pour une similitude effarante des goûts, valeurs, opinions. Le Prince Schubert, c'est l'idéal, l'inaccessible, l'intemporel ; celui qui demeure quand les autres ont fui, mais qui ne touche que du bout des doigts, parce que la femme et les enfants attendent à la maison et qu'on ne va pas trop loin avec une jeune fille de quinze ans sa cadette. Le Chat persan qui se contente de regarder et de sourire, d'être là pour vous séduire à nouveau chaque fois que tout vous abandonne ; car la plénitude, il la trouve ailleurs anyway.


Siméon, dit le Siamois : Feu le meilleur-ami, feu le copain : l'ex qu'on aime détester passionnément, parce qu'au fond, on doit l'aimer un peu encore, même si cet amour est bien enfoui sous l'amertume et la rage qu'il fait naître en vous à chaque mention de son existence. L'ex lâche, qui s'est immiscé sournoisement dans votre vie pour sournoisement s'en éclipser, avec des gestes mielleux et un trop gros sourire sirupeux pour son petit visage de siamois amaigri. Celui que vous aurez toujours attendu : avant (le temps qu'il se décide à véritablement vous aimer) ; pendant (les coups de fil qui ne venaient pas, les mots qu'il vouait mentalement à une autre) ; après (un signe de vie quelconque, une réponse à v0s courriels, un retour inopiné). Celui que vous voudriez mort mais dont vous voulez connaître chaque détail existentiel ; celui dont vous stalkez la page Facebook pour la mépriser, quatre mois plus tard, en trouvant une certaine supériorité dans cet espionnage vain. Celui que vous avez brisé avec vos ouragans éthyliques, trop molle pour vous en rappeler au lendemain, et qui se venge avec un silence de mort à faire frémir d'effroi tous les chats du quartier. Le Siamois, c'est celui à l'origine, celui qui vous plonge dans la détresse à la moindre manifestation de vie. C'est la cause de la fin de votre monde.

Thomas O'Malley, dit Tiger (ou le Gros Chat Tigré) : Le gars réservé et maladroit qui vous aurait peut-être aimé un peu si vous aviez été un peu moins too much. C'est le rebound dont vous souhaitiez pourtant un peu plus, le mâle alpha en quête de lui-même, qui prend ses jambes à son cou quand l'engagement est mentionné et quand vos rencontres deviennent régulières. C'était Tiger quand il cherchait maladroitement à vous séduire en payant toute la bière que vous buviez, quand il jouait de ses quatre guitares et de son piano droit, quand il vous faisait l'amour un peu trop longuement ; c'est le Gros Chat tigré quand ce sont ses amis qui vous poussent dans ses bras, quand il craint le couple plus que la lèpre et qu'il ne peut plus vous regarder en face quand vous le croisez par hasard à l'arrêt d'autobus. Thomas O'Malley, c'est le grand gars un peu gourd dont vous aimiez la conversation, c'est le gros chat tigré qui cherche la paix et le plaisir sans complexité, sans responsabilités, c'est le félin effarouché qui vous a trouvé ben cute au bon moment, mais qui ne sait plus trop ce qu'il veut quand vous lui demandez de ne plus lambiner. Thomas le Tiger, le gros Chat Tigré, c'est celui qui préfère vivre dans sa tête et dans son ivresse, parce que c'est bien plus simple et bien moins douloureux, et que Duchesse, c'est une « belle fille intelligente », mais beaucoup trop exigeante pour ce qu'il est prêt à vous donner.

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